Lundi 25 octobre 2004


"Tu" est rousse, peut être est-ce une teinture.

Je t'ai vue, hier encore, dans ton grand manteau noir, les poings fermés sur des sacs et les yeux qui m'ignorent. J'ai, pour te ressembler, rougi trop de mes mèches.

Ta peau est blanche, et tes joues rondes d'enfant qui te donnent l'air si femme rosissent quand il fait froid. Tes semelles le jour, s'imprimant sur le sol, donnent à mes oreilles un rythme que j'adore. Tu porte un béret, comme les collégiennes. J'ai un temps été tentée de m'en acheter un. J'ai cru ressentir pour toi de l'admiration.

Au matin, répandus en demi-cercle, tes cheveux frémissent certainement. Ils griffent le blanc des draps pour s'ancrer à tes songes. Tu te frotte les paupières et de tes yeux noircis au crayon tombent des paillettes grises.

Je serais différente, si lointaine de moi. J'effleurerais du bout des doigts le velouté de ta joue, et, y ayant puisé le bonheur nécessaire, je poserais sur tes pétales sanguins mes détestables lèvres. Je ne crois pas que tu m'aimerais. Je ne crois pas rêver que tes bras m'enserrent, que tes mots me rassurent. Je m'en haïrais trop. Je voudrais, pour toi être un homme et je pourrais être tienne sans être pitoyable.

Oui, tu serais rousse.





( a ne prendre que comme une fiction,"elle" n'existe pas.. )
par Sybil rage publié dans : sybil's rage
Mardi 19 octobre 2004
Je me souviens de ces jours où la vie coulait à flot. Les arbres se penchaient tendrement, poussés qu'ils étaient par la brise des matins d'automne. J'étais l'enfant heureux de courir à leur côté, amusé de les voir se plier sous cette force tout juste capable de rougir mes paumettes. Et je riais, m'effondrais sous le poids d'une joie consciente et sans limite, roulais dans des feuillages aux bruissements soyeux, riais encore, et m'arrêtais bras en croix et souffle court pour observer la route menant aux cieux que m'avaient tracée mes géants d'amis.

Les poitrines des femmes poussaient inéxorablement, avec pour seul printemps des regards chaque jour plus attentifs. J'étais l'adolescent fougueux qui jouissait sans limite de leurs jeunes corps, découvreur émerveillé des mille trésors de plaisirs tapis en lui. Et j'embrassais mes amantes, m'agitais dans le désordre de draps sauvages , les embrassais plus fort et m'effondrais finalement sur le dos, le regard planté vers l'infini.

Les ambitions s'aiguisaient sur le fil du temps. J'étais l'homme sûr de tracer son destin cultivant ses convictions par des actes risqués, au delà des hivers, au delà des étés. Et je rêvais des futurs entrevus, me roulais dans les illusions les plus douces, rêvais encore et restais enfin debout, avec pour seule vision l'horizon.
par Sybil ( je ne suis pas l'auteur de ce texte! ) publié dans : sybil's rage
Vendredi 1 octobre 2004
Sous l'irruption voulue de brindilles en pagaille, sous le front et passé le rivage des lèvres, au profond magnifique de ce rire qui te creuse collines, je vis.

D'un Nid, au bord d'un fleuve assoupi. De corniche arrondie au menton qui me nargue, pays lisses et en chutes, pommier au doux fruit. De sillons langoureux du cours d'eau disparu, jusqu'au lac séché d'un nombril, je vis.

Ma cité en tes bras, dite mienne mais qui m'a, et qui de chaque geste engendre mes demeures, ces fossés et ces sols que je sonde en silence, et les lieux, les collines, les plaines qui me lient à ta terre, me tanguent toujours les paupières. Je vis !

j'existe.
par Sybil rage publié dans : sybil's rage
Lundi 27 septembre 2004
Conjuguer aux bons temps.

Mon cerveau est inondé, et des marées insensées de pensées me brisent le crane. Le ressac assourdi par trop de résistances se fait menace cynique d'un ras de marée. Que je me moque ! Suis-je plus méprisable en folie, lame à la main ou en raison a batir des barrages de papier ?

Peu importe, je le suis. Volonté. Je ris que j'en ris. a moins que je n'en pleures. Je ne sais plus les verbes.

Et Alors ? Ongles arrachés et yeux minés d'éclats de vie. Course effrainée, s'éloigner de soi : ne peut pas, ne peut pas. Il y a la mer dans ma tête qui se gonfle, vagues s'écrasent sur la rive de mes douleurs. Il y a la jambe qui balance métronome à rebours, mais sans connaitre l'arrivée. Il y a mes mains trop froides pour faire les mots a la chaine, et il y a toujours... images.

Désolée, désolée, mais c'est mon corps et mis à nus, et en bonhomme de fil de fer la ligne rouge qui suit les jambes, le ventre le cou et les bras, et c'est la ligne qui me court..

Au dehors s'il vous plait.. mais quand ca reviendra;..
par Sybil rage publié dans : sybil's rage
Vendredi 24 septembre 2004
Peur du vide. Emplir le blanc des choses, pour masquer ses nuances. Le cerveau pour pinceau et la vie banderolle, j'hurle sans mots et les teintes en corolle. Changer les rires en vifs éclats, les sons en doux tableaux, les cris en pointillés, les pas en taches, les pleurs en sang.

Peur du vide. Crier le son des choses, pour masquer sa musique. J'ai les doigts pour gorges, et les slogans sonnent faux. Faire de ton regard mille murmures, de tes sourires des soupirs, de tes gestes mes mots de tes questions muettes des réponses insensées. inutiles.

Peur du vide. Entendre le faux des choses, pour masquer vérités. Les oreilles pour silence et les mots pour éther, tourner autour du pot. Dire d'un jour un roman et noyer mon histoire, dire d'un chant qu'il est beau, en oubliant le sens, dire une phrase en cent unes, dire d'un geste des ans.

Peur du vide. Lire entre les lignes, et oublier les lignes. Occulaires en délire qui mordent à l'implicite. Le concret dans l'oubli, m'ignifuger d'analyses artistiques. Forger le rêve en pare feu, la bulle en apnée, la douleur en sortie.

Peur du vide sauf s'il est tout de plein.



( et l'amour de la mer qui fait du silence par abus de bruit... encore )

par Sybil rage publié dans : sybil's rage
 

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