Ils sont des pantins désarticulés qui se meuvent affreux. Ils miment de leur chute d'ébène la feuille aux joyaux roux. Des débris noirs cloués au ciel se débattent d'une débâcle désarticulée. Ils se lient de ma haine et étouffent au goudron de mon âme. Les ailes chargées de la poisse morbide, les yeux brillants d'une folle santé, Le bec sournois blessant le ciel, les plumes en transe, le corps fourbu: désharmonie dans les rameaux. Des branches trop nues de bois variés griffent le ciel.
Et la voûte divine qui n'est pas habitée se crève douloureusement. Mon corps, mon ventre, mes poignets sont habités de corbeaux invisibles.
Trop de plumes dans la gorge m'étouffent.
Par Sybil rage
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Pour E., qui m'a simplement demandé un dragon...
( c'est un dragon sans pattes, j'en conviens. Si cela vous pose un problème, essayez juste de faire comme si ca n'était pas que je n'aies pas russi a lui en dessiner. )
Cliquez sur le dragon pour le voir en plus grand...
Par Sybil rage
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Une rangée seulement. Des yeux plissés, ouverts, curieux. Ordonnés ce matin, séparés par des barreaux pourpres. Nouvelle méthode de gavage mental: des figures d'histoires au sommet de leur image, tous réduits à un même format, en photo de groupe anachronique, en haut de l'écran.
Une rangée qui m'observe en sondant l'objectif. Se cherchent ils par ce regard qu'ils posent, sans l'avoir jamais su, sur mes épaules?
Ils m'écrivent comme une lettre. Cette facon d'émettre encore bien après l'instant l'essence de celui-ci... Un regard différé... Je pense au papier qui attends dans son eveloppe que j'y inscrive l'adresse de G. Je pense a P qui me tends toujours, un sourire d'excuse peint sur ce visage qu'elle voudrais commun, l'enveloppe bleue maculée de ses mots crochus. Ais-je lu la fin de sa dernière lettre? Je crois m'en rappeler.
Son visage est merveilleux. Ca n'est qu'une parenthèse, mais ses traits s'accordent avec exactitude à une définition universelle de la beauté, à la seule et unique condition qu'elle le désire un instant. Combien le mot masque peut valoir pour cette
enfant si spontanée par ailleurs? Et est elle enfant ou adulte, à refuser de vivre plus que ce qui lui viens sur le coeur? A n'avoir pour soucis que les notres, n'est elle pas notre mère a toutes trois?
J'ai envie d'écrire. J'ai envie
d'écrire à. Des lettres belles comme treize ( en était-ce seize? Je n'ose ouvrir le tiroir qui les séquestre ) pages qu'on m'écrit par amour, par mensonge (j'ai ouvert leur cachot ) :
- " avoir ta présence toute ma vie " mensonge
- " ...Rodrigue et Chimène, Julien Sorel et Mme de Rhenal [... ] Y.J. et Sybil Rage : a part toi et moi ils ne sont pas réels " mensonge. Nous rêvions, quelle réalité dans ces fantasmes?
- et une série de " Oui, je veux....... " que je sais a présent risibles.
Des lettres belles.. comme un mail du même auteur, qu'il avait en ce domaine un génie particulier. Je veux donc
écrire à mais à qui, ma chère P. est trop proche, mon tendre E. pas assez loin, et G. que je prétens mon "frère" est trop loin.
Très chère âme, Je vais bien. Je te hais tendrement, avec l'affection forcée qu'on éprouve pour soi même. Tu es vile d'essence, quand bien même les cambrures de ton corps se croient belles. Ta voix est humaine, ses intonations le sont trop laidement. Tes pas sont communs, leur trajectoire incertaire. Tes mot harmonieux dépeignent un enfer que tu nourris d'un plaisir masochiste. La sueur de ton enveloppe, pour enserrer un ballon, pour jeter a terre tes égaux, et courrir de travers, la sueur de ton enveloppe est puisée à la source de ta pestilence. Quand tes cils peints en noir s'abaissent lentement, je voudrais qu'ils s'engluent et se ferment a jamais dans la putréfaction qui les galbe. Mon âme, mon sang, ma chair, ma peau, pourquoi ne te détruit-tu plus? Tu a manqué la cible. Tu ne fais que plus encore te hair quans les ornements rouges te sillonnent. Les autres, les aimés qui te tiennent en leur coeur, sont la proie de tes douleurs. Pourquoi fantasme tu ces horreurs? A qui mens tu ? Petite moi qui me peine, sont-ce les rires d'enfants, ceux qui te brulaient dimanche, qui te blessent encore? Est-ce l'empreinte en losange d'un grillage dans ton epiderme qui en fait des lambeaux? Qu'est-ce que ces pouces arrachés par tes dents? Cette action d'enfant pervertie par les soins de tes incisives... Tendre moi que je hais, ne veux tu pas m'aimer? Ta Sybil inquiête.
Par Sybil rage
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Ces fins de jour que l'on voudrais croire fin de soi.
L'air froid qu'on réchauffe dans ses poumons et que l'on souffle blanc. Les volutes qui s'envolent de lèvres un peu gercées. Le calme du froid en rose sur les joues. Timide contre le vent. Des perles blanchâtres brillent au bord de chaque chose, sans éclairer la nuit tombante. Les mains au chaud dans un manteau noir. Les yeux noircis et le bonnet.
Mais l'air me déchire les poumons, et ses allures blafardes me volent toute chaleur. Mes lèvres partent en fumée, closes par leur peau trop tendue. Le visage me brule et je ne le sens pas, je pense ailleurs, ce monde est loin. Les éteincelles de givres qui luisent aux angles, partout, me glacent sans raison. La montagne m'opresse de sa droiture, et je me courbe à sa pente. Doigts immobiles de douleur. Les pupilles fatiguées qui laissent les phares de voitures se rendre flous. Et les révèrbères, les étoiles, les brilances du sol, les feux tricolores sont autant de halos blessants.
Ces fins de jour que l'on voudrait fin de soi...
Par Sybil rage
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