Lundi 24 avril 2006
Ca vient des épaules et du ventre, un peu comme le froid. On croirait encore l'envie de tout briser, c'est différent.  On croirait la nausée de la mer. Tout a perdu sa forme, c'est d'imaginer sans toi les noms des choses, les êtres ici. Je ne veux pas.

Je marche un peu trop vite, le temps est un danger où se lovent secrêtes, des choses qui m'effraient. Je pose des oeuillères pour ne pas ressentir ce qui, dans l'angle mort, veut à nouveau exister. Je n'ai aucun refuge, aucun mensonge, j'ai oublié le gout du mal en touchant au bonheur. Et je fais quoi maintenant? Je ne peux pas attendre en silence.

Je pense encore, je répète tes mots, je veux trouver un sens. Je désire, j'exige, et je pressens mille choses qui entre elles s'annulent. Mes mains glacées, je crois que c'est la peur. De ne pouvoir exister pour toi quand on s'éloigne, de n'y avoir plus droit.



Lundi 10 avril 2006
L'odeur nauséabonde du passé ne quitte pas les lieux, elle suinte du plafond. C'est une pourriture ancienne qu'on a trop vue, trop répétée. J'en ai la gorge brulée, la rétine usée. Elle n'a plus aucun sens, elle ne me déçoit plus, elle me lasse et en venant me brule toujours un peu, en souvenir. Elle est ton nom qui n'a plus tant d'échos, que mon mépris du trop rouge, que mes promesses coupables, ma peur de la distance. J'ai au pied les casserolles bruyantes que sont les souvenirs.


L'odeur Nauséabonde : Il faut encore la vomir, se plier de douleur en sentant bien que l'on n'est rien, que l'on a rien été, a l'époque où c'était un parfum - encore.
 Encore sentir penser le silence, la minute de haine. J'ai fait ma peau étanche, mais les lettres dans ma chair sont brunes, et les amis n'oublient pas, les amis portent en eux le danger de cette puanteur.

J'ai envie d'une douche.
 

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