Samedi 30 octobre 2004
Ecriture sous contrainte:

"Un sens pour sous-entendu
L’œil du Juda….
Les yeux ouverts, si nous avions les yeux ouverts sur les choses les plus pénibles à supporter…que verriez-vous ? "


Pénibles vous, qui m'habitez. Mes paupières sont écartelées, clouées de mouches mortes. Relevés sur des yeux qui ne sondent pas votre monde. Occulaires révulsés, je ne vois que l'interne, tourne en circuit fermé. Le vent si froid, brulant, me crispe la rétine. Je pleure par litre des gouttes emportées aussitôt dans l'atmosphère. Vous voulez savoir. Savoir? J'en ris, que j'en ris, vous voulez... Mais voyez ! Me voici a trois mètres a ma droite. Résistance inutile. VOUS voulez voir, je ne peux qu'obéir. Par mes yeux, ennivrez-vous, voyeurs... Me voici donc a trois mètres a ma droite. Cela prend, comme une rose qui pousse en appuyant sur avance-rapide. Cela prend a mon cou. Sensuellement, cela me déchire de haut en bas, cela suit lignes fluettes mon corps envenimé. Et je me multiplie, me voici derrière moi, mais aussi au dessus, en dessous. J'oscille de droite a gauche, trop vite pour faire plus que m'appercevoir. Je me vois explosée, j'ai les cheveux en sang, et cela coagule. Enfin, plus rien ne bouge. Mes ongles tombent, arrachés par une force divine, et je me décompose infiniment de haine a mon corps si lisse s'effritant dans la nuit.
par Sybil rage publié dans : sybil's rage
Samedi 30 octobre 2004
Que ce soit clair, toutes les images qui sont ici, sauf si je mentionne que ce n'est pas le cas ( et ca n'est pas encore arrivé) sont de moi. Cela signifie que je les aies dessinées moi même. Et aussi que si vous les utilisez ou postez sur le forum, il est sympatique de préciser qu'elles ne sont pas de vous. Bref, c'est copyright moi même...

( même la fée )

( rha ! )




par Sybil rage publié dans : En images
Lundi 25 octobre 2004


"Tu" est rousse, peut être est-ce une teinture.

Je t'ai vue, hier encore, dans ton grand manteau noir, les poings fermés sur des sacs et les yeux qui m'ignorent. J'ai, pour te ressembler, rougi trop de mes mèches.

Ta peau est blanche, et tes joues rondes d'enfant qui te donnent l'air si femme rosissent quand il fait froid. Tes semelles le jour, s'imprimant sur le sol, donnent à mes oreilles un rythme que j'adore. Tu porte un béret, comme les collégiennes. J'ai un temps été tentée de m'en acheter un. J'ai cru ressentir pour toi de l'admiration.

Au matin, répandus en demi-cercle, tes cheveux frémissent certainement. Ils griffent le blanc des draps pour s'ancrer à tes songes. Tu te frotte les paupières et de tes yeux noircis au crayon tombent des paillettes grises.

Je serais différente, si lointaine de moi. J'effleurerais du bout des doigts le velouté de ta joue, et, y ayant puisé le bonheur nécessaire, je poserais sur tes pétales sanguins mes détestables lèvres. Je ne crois pas que tu m'aimerais. Je ne crois pas rêver que tes bras m'enserrent, que tes mots me rassurent. Je m'en haïrais trop. Je voudrais, pour toi être un homme et je pourrais être tienne sans être pitoyable.

Oui, tu serais rousse.





( a ne prendre que comme une fiction,"elle" n'existe pas.. )
par Sybil rage publié dans : sybil's rage
Mercredi 20 octobre 2004


( cliquez pour agrandir l'image )
par Sybil rage publié dans : En images
Mardi 19 octobre 2004
Je me souviens de ces jours où la vie coulait à flot. Les arbres se penchaient tendrement, poussés qu'ils étaient par la brise des matins d'automne. J'étais l'enfant heureux de courir à leur côté, amusé de les voir se plier sous cette force tout juste capable de rougir mes paumettes. Et je riais, m'effondrais sous le poids d'une joie consciente et sans limite, roulais dans des feuillages aux bruissements soyeux, riais encore, et m'arrêtais bras en croix et souffle court pour observer la route menant aux cieux que m'avaient tracée mes géants d'amis.

Les poitrines des femmes poussaient inéxorablement, avec pour seul printemps des regards chaque jour plus attentifs. J'étais l'adolescent fougueux qui jouissait sans limite de leurs jeunes corps, découvreur émerveillé des mille trésors de plaisirs tapis en lui. Et j'embrassais mes amantes, m'agitais dans le désordre de draps sauvages , les embrassais plus fort et m'effondrais finalement sur le dos, le regard planté vers l'infini.

Les ambitions s'aiguisaient sur le fil du temps. J'étais l'homme sûr de tracer son destin cultivant ses convictions par des actes risqués, au delà des hivers, au delà des étés. Et je rêvais des futurs entrevus, me roulais dans les illusions les plus douces, rêvais encore et restais enfin debout, avec pour seule vision l'horizon.
par Sybil ( je ne suis pas l'auteur de ce texte! ) publié dans : sybil's rage
 

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