C'était l'une de ces heures où l'étendue nocturne semble insurmontable. Nous faisions voeu de ne pas dormir et savions ne pas vouloir entièrement cette veille. L'infini se déroulait ici, sur un canapé inconfortable, sous des cernes douloureuses. Sobres et assis.
Le contexte s'ancrait de lui-même dans mon univers brumeux, celui là même qui me déborde, me tue et me ravis. Nous parlions donc depuis nos mondes respectifs, laissant naître l'amitié, parlant de bonheurs et douleurs. Ancrés l'un a l'autre par des bras qui s'enserrent, par des pensées qui se croisent.
Je me suis rappelé plus tard avoir déjà vécu ailleurs l'ébauche d'une pareille harmonie. Nous invoquions alors un lien de fraternité fictif, comme pour matérialiser cette paroi de verre que l'intimité faisait naître. Membrane d'autant plus forte que moralement infranchissable. Il n'y eut ici besoin d'aucune invention pour que la frontière se fasse sentir. Aucun ne pensa a mettre en doute l'amitié.
Un échos à mon être. De subtiles variations a mon essence qui engendrait cet être si différent de moi. Des surfaces où nos silhouettes se rejoignent, et d'autres ou leur éloignement est merveille.
Un amas, tantôt assoupi, tantôt songeur. Les plaisanteries ne sont que suggérées, reprises des heures plus tard. Et le lendemain, ses dessins, comme pour retenir encore un instant la magie qui s'envole. Je m'éloigne, ôte le manteau qu'il me prêtait, me fonds à nouveau dans le Tout Les Jours, et le Tout Les Gens. Juste un regard d'excuse...
par Sybil rage
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