Vendredi 24 septembre 2004
Peur du vide. Emplir le blanc des choses, pour masquer ses nuances. Le cerveau pour pinceau et la vie banderolle, j'hurle sans mots et les teintes en corolle. Changer les rires en vifs éclats, les sons en doux tableaux, les cris en pointillés, les pas en taches, les pleurs en sang.

Peur du vide. Crier le son des choses, pour masquer sa musique. J'ai les doigts pour gorges, et les slogans sonnent faux. Faire de ton regard mille murmures, de tes sourires des soupirs, de tes gestes mes mots de tes questions muettes des réponses insensées. inutiles.

Peur du vide. Entendre le faux des choses, pour masquer vérités. Les oreilles pour silence et les mots pour éther, tourner autour du pot. Dire d'un jour un roman et noyer mon histoire, dire d'un chant qu'il est beau, en oubliant le sens, dire une phrase en cent unes, dire d'un geste des ans.

Peur du vide. Lire entre les lignes, et oublier les lignes. Occulaires en délire qui mordent à l'implicite. Le concret dans l'oubli, m'ignifuger d'analyses artistiques. Forger le rêve en pare feu, la bulle en apnée, la douleur en sortie.

Peur du vide sauf s'il est tout de plein.



( et l'amour de la mer qui fait du silence par abus de bruit... encore )

par Sybil rage publié dans : sybil's rage
 

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