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Il fait nuit. le drap me brule la joue, mes mouvements s'enlisent d'insomnie. Mes yeux sont fermés, il y a cette image de mer sur mon mur. Une gerbe de mousse blanche suspendue à jamais dans les airs. Tu m'y emmènera en hiver, un jour, mais cette mer est encore pour moi mer d'été. Je m'y rends d'un battement de cils. J'invente l'eau, chaude comme un nid, comme ton épaule. Une goutte de sueur perle sur mon front, c'est toi que je transpire.
L'air marin m'emplis, et j'imite la houle de mes respirations. Le sel me brule la gorge, un peu, juste assez pour me sentir vivre. Je ne veux pas, aujourd'hui, mourrir au rocher de papier. Une vague immobile veut caresser ma joue. J'inspire encore du bleu imaginaire, c'est toi que je respire.
Mes lèvres se pressent aux tienne à travers la blanche écume de mes rêves.
par Sybil rage
publié dans :
Lettres perdues




