Chère inconnue,
Puisque cest ce que nous sommes devenues lune à lautre depuis que le temps a moulu les souvenirs, je ne peux me permettre de tappeler autrement. Quand bien même ton nom me reviendrait intact, il semblerait inapproprié de le prononcer aujourdhui : mille choses risqueraient à présent de laltérer, bannissant de nos mémoires léchos du passé.
As-tu comme moi, enfoui dans ta mémoire et gravé dans la tête, le souvenir dune journée dété ? Te souviens-tu comment linnocent jeu dune ronde peut cacher la haine et les humiliations ? Sais-tu encore le nombre de coups dédaigneux que tes pieds mont donné ?
Chère inconnue, me reconnais-tu enfin, malgrès ces quelques années et limprécision de mes mots ?
Il est bien tard pour sen vouloir. Tu as certainement oublié jusquaujourdhui les rires immondes que vous lanciez à ma poursuite en chiens affamés. Sais-tu que jai aujourdhui peur des chiens ?
La haine peut certainement dépasser en force comme en beauté tout lamour des livres. Si javais su te détester comme tu la fait pour moi, nous aurions certainement la mémoire cruelle de tout cela, et nous pourrions parler de plaisanteries taquines. Il y aurait là une belle histoire. Il serait facile de couper les fourches qui viennent du passé me creuver le ventre. Peut être serions nous devenues amies.
Je veux quun jour au moins, tu te souvienne comme je le fais chaque jour depuis, avec incertitude, angoisse et peur.
Ton souvenir est devenu pour moi lallégorie de la mort.
Sarah.
par rage
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Lettres perdues
E...
Les yeux fermés..
Te contempler du bout des mains, m'étouffer un peu au nuage trop chaud, lèvres voguantes au clair de vie, dérives d'idées en bonheurs. Parcelles de moi, ces fils tombés que tu emporte en t'éloignant sont ils des ailes à tes chevilles? Parcelles de toi, ces baisers contre mes rêves...
Sans cesse contre ta peau. Le rire d'une joue sous mes lèvres m'enchante, les pas de ton coeur dans le mien sont ma vie, j'espère l'infini d'un instant en baisers d'étoiles mélanine.
Les yeux fermés..
Te contempler du bout des mains, m'étouffer un peu au nuage trop chaud, lèvres voguantes au clair de vie, dérives d'idées en bonheurs. Parcelles de moi, ces fils tombés que tu emporte en t'éloignant sont ils des ailes à tes chevilles? Parcelles de toi, ces baisers contre mes rêves...
Sans cesse contre ta peau. Le rire d'une joue sous mes lèvres m'enchante, les pas de ton coeur dans le mien sont ma vie, j'espère l'infini d'un instant en baisers d'étoiles mélanine.
par Sybil rage
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Lettres perdues
E...

Il fait nuit. le drap me brule la joue, mes mouvements s'enlisent d'insomnie. Mes yeux sont fermés, il y a cette image de mer sur mon mur. Une gerbe de mousse blanche suspendue à jamais dans les airs. Tu m'y emmènera en hiver, un jour, mais cette mer est encore pour moi mer d'été. Je m'y rends d'un battement de cils. J'invente l'eau, chaude comme un nid, comme ton épaule. Une goutte de sueur perle sur mon front, c'est toi que je transpire.
L'air marin m'emplis, et j'imite la houle de mes respirations. Le sel me brule la gorge, un peu, juste assez pour me sentir vivre. Je ne veux pas, aujourd'hui, mourrir au rocher de papier. Une vague immobile veut caresser ma joue. J'inspire encore du bleu imaginaire, c'est toi que je respire.
Mes lèvres se pressent aux tienne à travers la blanche écume de mes rêves.
par Sybil rage
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Lettres perdues
lettre à E..
Il y a ces longues lignes, ces arabesques folles, ces frivoles pensées qui forment mes fils de vile funambule. Les yeux secs et clos; en l'esprit se dessinent par d'adorables traits des images inventées dont je veux me nourrir. Il y a ces futurs feutrés de doux mensonges, ces îles imaginaires qui existent ailleurs et que j'ai prises pour réalités.
Il y a ton visage, jaspé des couleurs d'une passion qu'il fait naître, il y a tes sourires étranges qui sont beaux au présent. Tu dis aimer les yeux que je veux cimenter d'un goudron éternel. Tu recrées de tes mains les surfaces de mon corps que j'abolis en pensées.
Il y a... il y a... tant de choses de toi qui se contentent dêtre, et par cette existence m'inspirent de t'aimer.
Il y a ces longues lignes, ces arabesques folles, ces frivoles pensées qui forment mes fils de vile funambule. Les yeux secs et clos; en l'esprit se dessinent par d'adorables traits des images inventées dont je veux me nourrir. Il y a ces futurs feutrés de doux mensonges, ces îles imaginaires qui existent ailleurs et que j'ai prises pour réalités.
Il y a ton visage, jaspé des couleurs d'une passion qu'il fait naître, il y a tes sourires étranges qui sont beaux au présent. Tu dis aimer les yeux que je veux cimenter d'un goudron éternel. Tu recrées de tes mains les surfaces de mon corps que j'abolis en pensées.
Il y a... il y a... tant de choses de toi qui se contentent dêtre, et par cette existence m'inspirent de t'aimer.
Tu es ma vérité.
par Sybil rage
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Lettres perdues
Mon âme...
J'ai repensé à cette lettre et c'était bien là le but. Il y a quelques instant tout juste, nue devant mon mirroir, je me suis prise a murmurer " est que tu m'aime? ". Il m'a fallu un certain temps avant de m'en apercevoir, et quand je compris les mots, je les répétais déjà depuis si longtemps qu'ils en perdaient leur signification. Il m'arrive parfois, quand mes idées se fondent là où je ne peux les atteindre, de parler seule. Ce sont souvent des choses incohérentes, des dialogues de personnages inconnus que j'oublie très vite. Généralement, ils sont dans la lointaine continuité de quelque chose que j'ai lu, entendu, vu, pensé, écrit.
J'ai d'abord cru poser la question à E. " est que tu m'aime? ". J'ai souri en pensant a son dernier message. Revenant a mon reflet, je demandais encore, toujours presque sans m'en rendre compte, comme on est parfois saisi simplement de l'envie de dire une phrase: "est que tu m'aime? ". Mon âme, c'est à toi que je posait la question.
J'ai voulu répondre à ta place, à la mienne, par les mots tout-fait qu'on voudrais m'entendre dire. Mais la réponse n'a pas a se dire..
Il m'est tendre de m'écrire, même s'il faut pour cela prendre le prétexte de lecteurs ( rares, inexistants? ) virtuels.
Mon âme, est que tu m'aime?
Sybil, toi même, moi même,
je suis égocentrique.
Mon professeur de francais se trompe: cela ne signifie pas narcissique.
J'ai repensé à cette lettre et c'était bien là le but. Il y a quelques instant tout juste, nue devant mon mirroir, je me suis prise a murmurer " est que tu m'aime? ". Il m'a fallu un certain temps avant de m'en apercevoir, et quand je compris les mots, je les répétais déjà depuis si longtemps qu'ils en perdaient leur signification. Il m'arrive parfois, quand mes idées se fondent là où je ne peux les atteindre, de parler seule. Ce sont souvent des choses incohérentes, des dialogues de personnages inconnus que j'oublie très vite. Généralement, ils sont dans la lointaine continuité de quelque chose que j'ai lu, entendu, vu, pensé, écrit.
J'ai d'abord cru poser la question à E. " est que tu m'aime? ". J'ai souri en pensant a son dernier message. Revenant a mon reflet, je demandais encore, toujours presque sans m'en rendre compte, comme on est parfois saisi simplement de l'envie de dire une phrase: "est que tu m'aime? ". Mon âme, c'est à toi que je posait la question.
J'ai voulu répondre à ta place, à la mienne, par les mots tout-fait qu'on voudrais m'entendre dire. Mais la réponse n'a pas a se dire..
Il m'est tendre de m'écrire, même s'il faut pour cela prendre le prétexte de lecteurs ( rares, inexistants? ) virtuels.
Mon âme, est que tu m'aime?
Sybil, toi même, moi même,
je suis égocentrique.
Mon professeur de francais se trompe: cela ne signifie pas narcissique.
par Sybil rage
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