Mardi 17 janvier 2006
Je suis l'enfant et la femme. L'insensée. J'ai des sanglots idiots.

 Je vis en boucle,  je rejoue la même pièce, patiemment, comme si de rien n'était. J'hésite a chaque seconde pour choisir le moment de la chute. Moi je sais bien tomber. Je vis dans le mal et son souvenir, dans le mal et son anticipation, j'ai faconné mes peurs et les embrasse en rêves. Je veux arracher mon visage, me retourner la peau. Dormir encore sans savoir que le temps court  ailleurs. Sans prince charmant à la clef. Je ne vais pas changer. Je suis cela , Sybil mais sans l'ambition, sans la prétention, Sarah encore et toujours, malgrès moi. Je ne vais pas changer, et je voudrais que tout parte. Je fantasme destruction, un départ après l'autre. Me séparer de vous comme d'autant de peaux mortes, me laisser dériver. Piétiner vos attentes, ton regard, ses reproches, nos bonheurs.
Puisque partir n'a pas plus d'importance, puisqu'on s'enfuit tous, il faudrait m'en aller. Sans départ, sans voyage, sans destination.

Sans vous.

Moi je sais bien tomber.
Jeudi 20 janvier 2005
    Chez moi, de vastes pièces débouchent sur des couloirs sinueux.
     Les murs sont partout ondulés comme du papier mouillé. Parfois je passe au travers sans faire exprès et ils se lacèrent lentement. Je découvre alors un espace presque identique à ceux déjà parcourus. Une chose en putréfaction macule ces parois des couleurs de mon sang:
noir de vie,
rouge espoir,
blanc mensonge.


Chez moi, le sol est couvert d'herbes hautes et épaisses aux mouvements tranchants.
 Mes pieds s'ouvrent de pourpre à ce tapis vampire. Les longues tiges vertes rougissent à mon passage comme des soleils mourants. Elles s'enroulent à mes chevilles et y ancrent alors des miliers de sangsues. Il arrive que je ne puisse plus bouger, et que je m'enfonce dans ce sol chaud, que je m'endorme au coeur de ses bouillonements malsains et chalereux.


Chez moi, les femmes s'assoient en croisant les jambes.
 Souvent suspendues dans les airs par des fils inexistantants, elles me regardent dans les yeux. Elles ont mon visage et les cheveux rouges. Le sang se durcit sur leur corps. Depuis peu elles se cachent, certainement derrière un de ces murs visqueux.
     Il y a une gallerie immense quelque part, où sont accrochés des miliers de miroirs. Ils portent tous un titre:
"Sybil"
"Yayate"
"Ma puce"
 "Chtitno"
 "Sale Juive"
 "Scarabé"
...


Chez moi, le sol boit des souvenirs, et le plafond les régurgite.
Quand je marche, il m'en tombe souvent sur les épaules. Ce sont des bribes de passé plus ou moins digérées. Il y a une pièce où il ne tombe que des grillages, des crachats et des insultes. Je brise souvent les murs qui y mènent, et ils se reconstruisent chaque fois aussi fragiles. Parfois ils m'y enferment.
 Récemment j'ai fait tomber tous les murs d'une salle, et aussitôt son contenu s'est vu absorbé par le sol. Je me souviens de mon horreur, voyant les herbes digérer une immense statue noire et informe.


Chez moi, il y a un endroit où je ne vais jamais seule.
 Quelqun y a posé des planches et étouffé les herbes. On peut marcher sans peur. C'est étroit mais reposant.


Partout ailleurs, "chez moi" me tue.
par Sybil rage publié dans : sybil's rage
Jeudi 6 janvier 2005
Sous ma peau d'infâmes billes répandent une malsaine électricité. Sous mon crâne des chenilles infectes régurgiten ma haine. Sous mes yeux la poisse d'une vie obscurcit mes pensées. Dans mon corps la bile du temps en débacle. Sous ma gorge comprimés pour répandre le poison. "Nervosité, 2 comprimés a renouveler 3 fois pas jours"

Sous mes pas le chaos, à mes rires le silence, à mes pleurs des échos à mes cris la sourdin. Sous ma vie les dragons sont en putréfaction.

Lèvres collantes, cils embourbés, cou moites et mains gelées.

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par Sybil rage publié dans : sybil's rage
Dimanche 19 décembre 2004
* je poste en article après coup, pour ne pas perdre cette "réflexion". Je ne suis pas sure de la date. *


Sybil...
J'aime ce nom emprunté.
Qu'il ne soit pas moi,
et que je m'y étale.

Je pense a Laura,
à sa peau que je n'aies jamais touchée.
Des photos d'elle en soutien gorge,
en minuscules images, sur msn,
ce sont des autoportraits.

Je pense a Angie,
J'ai feint de ne pas la comprendre.
Un papier d'elle dans mon portefeuil,
et son adresse dessus en rouge,
deux ans et je n'aies pas écrit.

Je n'oublie pas Y.
Sans nostalgie, mais des remors,
je crois entendre parfois sa voix,
ces intonations que je hais,
et nos nids et la vieille maison,
des souvenirs que je déteste...

ais-je jamais aimé tandis que je me détestait?
Laura a qui j'ai menti,
Angie qui ne saura pas,
Y. - mais je vis encore ! -

Mon âme,

Il y a peu de jours, mon miroir m'a dit "je t'aime".

Que pense tu? Que veux tu penser? Que veux tu faire ? Que fais tu?
je t'aime.


Maintenant que tout est vrai,
peut être que je vais vraiment vivre ?

Je pense à E..

Samedi 4 décembre 2004
Désir de vivre. Celui qui m'avait déserté. Sensations d'existence qu'instaure sa présence. Ma vie que je préserve en songeant à la sienne.

Pensées, en rubans, d'une soie qu'il tisse. Celles qu'engendre son nom en échos gracieux, celles du présent heureux, celles qui s'y attachent en bandeaux d'affection. Le calme de sa joue. Le toucher de sa peau sous mes doigts écorchés, de ses lèvres adorables aux gerçures des miennes,de sourires, fossettes en chaîne; à mon arc argenté. L'ovale embrumé de son visage au matin. Mes cheveux retenus, à ses oreilles. Ses mains, en gants, qui protègent les miennes.
par Sybil rage publié dans : sybil's rage
 

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